Il est des disparitions qui dépassent le simple cadre d’une institution et qui laissent un vide difficile à combler. Celle du Contrôleur Principal de Police Aoussa KEÏTA, survenue le samedi 30 mai 2026 des suites d’une courte maladie, appartient à cette catégorie de pertes qui bouleversent profondément tous ceux qui ont eu le privilège de croiser son chemin.
Avec elle s’éteint une femme de devoir, une professionnelle accomplie et une servante exemplaire de la République, dont toute la carrière aura été guidée par le sens de l’honneur, la rigueur et le dévouement au service de la sécurité des citoyens maliens.
Née le 14 novembre 1977 à Bamako, fille de feu Adama KEÏTA et de Kadiatou SAMAKÉ, Aoussa KEÏTA était titulaire d’une maîtrise avant d’intégrer, le 14 juillet 2005, le prestigieux corps des Élèves Commissaires de Police. Après une formation couronnée de succès à l’École Nationale de Police, elle est nommée Commissaire Stagiaire en 2006 avant d’être titularisée Commissaire de Police en 2007.
Sa carrière, riche et exemplaire, l’a conduite à servir dans plusieurs commissariats et directions stratégiques de la Police Nationale. Chef de la Police Judiciaire au Commissariat du 1er Arrondissement de Bamako, Commissaire adjointe à Bougouni puis au 4ᵉ Arrondissement, cadre de la Direction de la Sécurité Publique, responsable de la sécurité au Gouvernorat du District de Bamako, Point focal Genre, Commissaire des 14ᵉ et 17ᵉ Arrondissements, Chef de Division à la Direction de la Police aux Frontières puis à la Sous-direction de la Police Judiciaire, elle a laissé partout l’image d’une responsable compétente, méthodique et profondément attachée au respect de la loi.

Mais derrière l’uniforme et les responsabilités se cachait une femme profondément humaine.
À la rédaction de Dabaliban, son nom évoquera toujours bien plus qu’une fonction. Elle était une partenaire précieuse, une interlocutrice disponible et une collaboratrice dont le professionnalisme inspirait le respect. Chaque échange avec elle était marqué par la courtoisie, la simplicité et une volonté sincère de faciliter le travail de la presse dans le respect des règles institutionnelles.
Elle comprenait l’importance d’une information juste et vérifiée. À chacune de nos sollicitations, elle répondait avec enthousiasme, disponibilité et élégance. Même lorsque les circonstances étaient difficiles, elle gardait cette sérénité qui rassurait ses interlocuteurs et cette humilité qui caractérise les grands serviteurs de l’État.
Dans les couloirs de notre rédaction, son souvenir restera attaché à son sourire discret, à ses paroles mesurées et à son profond sens de la collaboration. Elle faisait partie de ces rares responsables qui savaient bâtir des passerelles de confiance entre les institutions et les médias, convaincue que l’information responsable contribue elle aussi à la stabilité d’un pays.
Jusqu’à son dernier souffle, elle aura tenu le flambeau de son engagement avec une fidélité remarquable. Son parcours restera celui d’une femme qui n’a jamais cessé de servir, quelles que soient les responsabilités qui lui étaient confiées. Son professionnalisme, son sens du devoir et son attachement aux valeurs de la République continueront d’inspirer ceux qui l’ont connue.
Aujourd’hui, la Police Nationale perd une cadre expérimentée. Le Mali perd une fonctionnaire exemplaire. Quant à la rédaction de Dabaliban, elle perd une amie de la presse, une partenaire loyale et une collaboratrice dont la bienveillance restera gravée dans notre mémoire collective.
Les personnes de valeur ne disparaissent jamais totalement. Elles continuent de vivre dans les souvenirs qu’elles laissent, dans les valeurs qu’elles transmettent et dans les vies qu’elles ont marquées.
À sa famille, à ses proches, à ses frères et sœurs d’armes ainsi qu’à toute la grande famille de la Police Nationale, la rédaction de Dabaliban adresse ses condoléances les plus sincères.
Qu’Allah, dans Son infinie miséricorde, lui pardonne ses fautes, illumine sa tombe, l’accueille parmi les élus du Paradis éternel et apporte consolation et courage à tous ceux qui pleurent aujourd’hui son départ.
Reposez en paix, Commissaire Aoussa KEÏTA. Votre devoir est accompli. Votre mémoire, elle, demeurera vivante.
La Rédaction











