Le fleuve Niger, une fois encore, a rendu l’un de ses douloureux secrets. Samedi 11 juillet 2026, peu avant 9 heures, le silence habituel des berges de Sans-Fil (Bozo-Dankan), en Commune II du district de Bamako, a été brutalement rompu par une découverte macabre. Le corps sans vie d’un homme, déjà rongé par plusieurs jours d’immersion, flottait à la surface des eaux, offrant un spectacle insoutenable aux premiers témoins.
Une scène qui a glacé le sang des riverains et replongé tout un quartier dans la tristesse. Comme chaque matin, Magasiré Koné, pêcheur bozo, avait pris la direction du fleuve pour exercer son métier. Rien ne laissait présager que cette sortie de pêche allait virer au cauchemar. Alors qu’il surveillait ses filets, son regard fut attiré par une masse sombre dérivant lentement au fil du courant. D’abord intrigué, il s’approcha. Puis l’effroi remplaça rapidement la curiosité.
Il venait de découvrir le corps d’un homme. Sous le choc, il alerta aussitôt les autorités, déclenchant une importante opération de secours et de constatation. Une mobilisation rapide des forces de sécurité. En quelques instants, les berges furent envahies par les véhicules de la Brigade fluviale de la Gendarmerie nationale, du Centre de secours fluvial de la Protection civile et du Commissariat de police de Quinzambougou.
Sous les instructions du Commissaire principal Djibril Niambélé, une équipe dirigée par le Commissaire Assetou s’est rendue sur les lieux afin de procéder aux premières constatations.
Les sapeurs-pompiers ont délicatement extrait le corps des eaux sous les regards bouleversés des habitants, tandis que le médecin légiste du Centre de santé de référence de la Commune II procédait aux examens préliminaires.
Le silence qui régnait sur les berges en disait long sur l’émotion qui s’était emparée de tous.
Quarante-huit heures dans les eaux du fleuve. Les premières constatations médico-légales ont conclu à une mort par noyade. Selon les spécialistes, la victime aurait séjourné près de 48 heures dans les eaux du Niger, expliquant l’état très avancé de décomposition de la dépouille.
Le temps et le fleuve avaient déjà effacé une partie des indices susceptibles d’éclairer les circonstances de ce drame. Un homme sans nom, sans identité. L’inconnu ne portait sur lui aucun document permettant de l’identifier.
Les enquêteurs décrivent un homme d’environ 30 ans, mesurant près de 1,60 mètre, de teint noir, aux cheveux noirs, vêtu d’un T-shirt rouge et bleu à rayures et d’un pantalon noir.
Faute d’identification rapide et en raison de l’état avancé de décomposition, le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de la Commune II a ordonné que la dépouille soit remise aux services de la voirie pour son inhumation.
Une décision douloureuse, mais rendue nécessaire par les impératifs sanitaires. Accident, suicide ou crime ? Le mystère demeure entier. Comment cet homme a-t-il trouvé la mort ? Est-il tombé accidentellement dans le fleuve ? A-t-il volontairement mis fin à ses jours ? Ou a-t-il été victime d’un acte criminel avant d’être abandonné dans les eaux ?
À ce stade, aucune piste n’est officiellement écartée. Le Commissariat de police de Quinzambougou a ouvert une enquête afin de faire toute la lumière sur cette affaire, identifier la victime et reconstituer les dernières heures de sa vie.
Le fleuve, témoin silencieux de tant de drames. Le Niger nourrit, transporte et fait vivre des milliers de familles. Mais il est aussi le théâtre silencieux de tragédies humaines qui ne livrent leurs secrets qu’au gré du courant.
Cette fois encore, il a rejeté sur ses berges le corps d’un homme dont personne ne connaît encore le nom, l’histoire ou les proches.
Quelque part, une famille ignore peut-être toujours qu’un fils, un frère ou un père ne rentrera plus. Et tant que son identité ne sera pas établie et que les circonstances de son décès ne seront pas élucidées, ce corps repêché dans les eaux du fleuve Niger restera le symbole d’un drame aussi bouleversant que mystérieux.
Dougoutigui











