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CRIME PASSIONNEL À BAMAKO

CRIME PASSIONNEL À BAMAKO
Jalouse du second mariage de son époux, elle l’aurait massacré à coups de pilon et de machette
Le quartier de Sabalibougou Courani n’est pas près d’oublier ce dimanche 12 juillet 2026. Cette matinée, qui devait être semblable à tant d’autres, s’est transformée en un véritable cauchemar. Des cris déchirent le calme du quartier. Les voisins accourent. Devant eux, une scène d’une violence indescriptible.
Dans une chambre maculée de sang repose le corps sans vie d’Issa Koné, un ouvrier d’une quarantaine d’années, connu dans le quartier pour son activité de réparation de véhicules près de l’abattoir frigorifique de Sabalibougou. Les blessures visibles sur son corps témoignent d’un acharnement qui dépasse l’entendement. Alertées, les équipes de la Protection civile et les policiers arrivent rapidement sur les lieux. Mais il est déjà trop tard. Les secours ne peuvent que constater le décès avant d’évacuer le corps vers la morgue pour les besoins de l’autopsie.
Autour de la concession, la consternation est totale. « Comment cela a-t-il pu arriver ? » s’interrogent les voisins, incapables d’imaginer qu’un tel drame ait pu se produire dans une famille qu’ils considéraient comme relativement discrète.
Une épouse étonnamment calme au milieu du chaos
Au milieu des pleurs et de la confusion, un détail attire rapidement l’attention des enquêteurs. L’épouse de la victime, Bintou Fomba, surnommée « Batoma », affiche une attitude qui surprend plus d’un. Selon plusieurs témoins, elle semble étonnamment sereine malgré la découverte du corps de son mari. Elle raconte que celui-ci aurait été victime d’une attaque menée par des individus armés.
Pour les policiers, certains éléments du récit paraissent toutefois peu cohérents. Pourquoi connaît-elle autant de détails sur une agression dont elle affirme ne pas avoir été témoin ? Pourquoi certains objets appartenant au défunt se retrouvent-ils en sa possession ? Pourquoi son comportement diffère-t-il autant de celui d’une épouse qui vient de perdre son compagnon de quinze années ? Ces interrogations conduisent les enquêteurs à la placer en garde à vue.
Les aveux qui bouleversent l’enquête
Pendant plusieurs heures, Bintou Fomba maintient sa version. Mais face aux contradictions relevées par les enquêteurs et aux éléments recueillis sur le terrain, son récit finit par s’effondrer. Selon des sources proches de l’enquête, elle reconnaît finalement avoir tué son époux.
Au cœur de ses explications revient sans cesse le même sujet : le projet de second mariage d’Issa Koné. Elle raconte un homme devenu distant, rentrant tard à la maison, participant de moins en moins aux dépenses du foyer et préparant ouvertement l’arrivée d’une nouvelle épouse. Pour elle, cette décision aurait représenté une trahison insupportable après quinze années de vie commune. Selon les enquêteurs, cette jalousie aurait progressivement laissé place à une détermination meurtrière.
Les premiers signes d’un scénario macabre
Au fil des auditions, les policiers remontent les jours précédant le drame. Ils découvrent qu’une semaine auparavant, un événement étrange s’était déjà produit. Le samedi 4 juillet, Bintou aurait demandé à son mari de l’accompagner sur les berges du fleuve Niger afin d’y déposer les restes d’une préparation sacrificielle. Issa Koné accepte sans méfiance. Une fois sur place, des individus surgissent. Selon les informations recueillies, ils se ruent sur lui avec une extrême violence, le rouent de coups, l’abandonnent grièvement blessé puis repartent avec sa moto. Un détail intrigue aujourd’hui les enquêteurs : son épouse ne subit aucune violence. À ce stade de la procédure, les investigations se poursuivent pour déterminer les circonstances exactes de cette agression et établir si elle présente ou non un lien avec les faits survenus le 12 juillet.
Une générosité qui cache peut-être un piège
Après cette première agression, Issa Koné reprend progressivement ses activités. Son épouse lui achète alors une nouvelle moto. Elle lui remet également 100 000 francs CFA afin de participer aux dépenses liées à son futur mariage.
Aux yeux de tous, le couple semble avoir retrouvé une certaine sérénité. Mais selon les enquêteurs, cette apparente réconciliation pourrait n’avoir été qu’un écran de fumée destiné à éloigner tout soupçon. Pendant que son mari préparait son avenir, son épouse nourrissait peut-être déjà un tout autre projet.
Le dimanche de tous les drames
Le dimanche 12 juillet, tout bascule. Selon les éléments de l’enquête, Issa Koné se trouve dans sa chambre lorsqu’il est surpris. Il aurait reçu un violent coup de pilon à la tête. Le choc est d’une telle puissance qu’il s’effondre. Sans lui laisser la moindre chance, son agresseur se serait ensuite acharné sur lui à coups de machette. La tête. La poitrine. Le haut du corps. Chaque coup semble avoir été porté avec une violence extrême. Les constatations effectuées sur place révèlent une scène particulièrement sanglante qui marque profondément les enquêteurs eux-mêmes.
Une mise en scène rapidement déjouée
Après le crime, Bintou Fomba se rend au garage où travaillait son mari. Elle annonce que celui-ci aurait été victime d’une attaque de bandits armés dans leur chambre. Mais son récit convainc difficilement. Les enquêteurs découvrent rapidement plusieurs éléments troublants dans le sac de l’épouse. Autant d’indices qui fragilisent progressivement sa version.
Avant même de donner l’alerte, leur fille avait été installée dans un car en partance pour Sikasso, où résident les parents biologiques de la victime. Les téléphones d’Issa Koné, plusieurs effets personnels ainsi que les clés de deux véhicules confiés à son atelier avaient également disparu avant d’être retrouvés dans le sac de l’épouse. Autant d’indices qui fragilisent progressivement sa version.
Le mariage qui n’aura jamais lieu
Le plus tragique reste sans doute le calendrier. Selon les informations recueillies, Issa Koné de son vivant, ce même dimanche, se rendre dans la famille de celle qui devait devenir sa seconde épouse, dans un quartier périphérique de l’Arrondissement III de Bamako. Il ne franchira jamais cette porte. Son destin s’est arrêté quelques heures auparavant, dans la maison où il croyait trouver protection et sérénité.
Un quartier sous le choc
À Sabalibougou Courani, l’émotion demeure immense. Les voisins peinent encore à comprendre comment un conflit conjugal a pu déboucher sur une telle explosion de violence. Derrière les rubans de sécurité, chacun y va de son analyse. Certains disent n’avoir jamais remarqué de disputes ouvertes entre les époux.
D’autres affirment que les tensions existaient depuis plusieurs mois, mais restaient enfermées dans l’intimité du foyer. Une certitude s’impose toutefois : ce crime laisse derrière lui une famille brisée, un enfant désormais privé de son père et une communauté profondément traumatisée. L’enquête se poursuit afin d’établir avec précision toutes les circonstances de cette affaire et de déterminer si d’éventuelles complicités ont existé dans la préparation ou l’exécution des faits.
En attendant que la justice se prononce, Sabalibougou Courani reste hanté par une question : comment quinze années de vie commune ont-elles pu s’achever dans un tel déferlement de violence ? Conformément au principe de la présomption d’innocence, la personne mise en cause est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité soit établie par une décision de justice définitive.
Moussa DIARRA

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